Face à la diversité des phytoplanctons disponibles, une question revient souvent en aquarium récifal : quelle microalgue choisir ?
Nannochloropsis, Tetraselmis et Isochrysis (T-Iso) n’ont ni la même taille, ni le même rôle, ni les mêmes usages.
Plutôt que de chercher “la meilleure algue”, il est plus pertinent de comprendre laquelle correspond le mieux à ton bac récifal, à son niveau de maturité et à tes objectifs.
Pourquoi toutes les microalgues ne se valent pas en récifal
Dans l’océan, le phytoplancton est diversifié et permanent. En aquarium récifal, l’erreur classique consiste à :
- n’utiliser qu’une seule espèce,
- ou à choisir uniquement selon la disponibilité.
Or, chaque microalgue possède :
- une taille cellulaire différente,
- un profil nutritionnel spécifique,
- une interaction particulière avec la microfaune.
👉 Le bon choix dépend donc davantage de la biologie du bac que d’un simple effet nourrissant.
Phytoplancton en aquarium récifal
Nannochloropsis : la base idéale en récifal
La Nannochloropsis est souvent la première microalgue utilisée en aquarium récifal, et ce n’est pas un hasard.
Ses principaux atouts
- Taille très fine, facilement assimilable
- Excellente stabilité en suspension
- Bonne tolérance aux systèmes récifaux filtrés (écumeur, brassage)
En pratique, elle est idéale pour :
- nourrir rotifères et microfaune,
- soutenir indirectement les coraux,
- accompagner les bacs jeunes ou en phase de stabilisation.
👉 C’est la microalgue la plus polyvalente pour un usage récifal régulier.
Tetraselmis : diversité et dynamisme biologique
La Tetraselmis se distingue par une taille plus importante et une mobilité active, ce qui change complètement son interaction avec le bac.
Pourquoi l’utiliser ?
- Très attractive pour la microfaune
- Excellente digestibilité
- Favorise la diversité biologique du bac
En récifal, elle est particulièrement intéressante :
- dans les bacs déjà matures,
- pour enrichir la chaîne alimentaire,
- en complément d’une base de Nannochloropsis.
👉 Elle ne remplace pas la Nannochloropsis, elle la complète.
Isochrysis (T-Iso) : un phytoplancton plus ciblé
L’Isochrysis, souvent appelée T-Iso, est reconnue pour son profil lipidique riche.
Ce qu’il faut savoir
- Valeur énergétique élevée
- Microalgue plus délicate à utiliser seule
- Moins stable en suspension sur le long terme
En aquarium récifal, elle est surtout utilisée :
- en complément ponctuel,
- dans une stratégie de diversification,
- pour enrichir certains apports nutritionnels spécifiques.
👉 Ce n’est généralement pas une algue “de base”, mais un excellent ajout maîtrisé.
Quelle microalgue choisir selon ton bac récifal ?
Plutôt que d’opposer ces microalgues, il est plus pertinent de raisonner en combinaison.
Bac récifal récent ou en stabilisation
- Priorité à la Nannochloropsis
- Apports réguliers, faibles mais constants
Bac récifal mature
- Base Nannochloropsis
- Complément en Tetraselmis pour enrichir la biodiversité
Approche récifale avancée
- Mélange raisonné des trois espèces
- Utilisation ponctuelle de T-Iso
- Recherche d’un fonctionnement plus naturel
Pack Trio Microalgues – Nannochloropsis + Tetraselmis + T-Isochrysis
Faut-il varier le phytoplancton en récifal ?
Oui — la diversité est un vrai levier de stabilité.
Dans les systèmes récifaux naturels, aucune espèce de phytoplancton n’est dominante en permanence. S’en inspirer permet :
- de nourrir des organismes aux besoins variés,
- d’éviter les déséquilibres liés à une alimentation trop uniforme,
- de soutenir une microfaune plus riche et plus résiliente.
Cette approche, issue des pratiques professionnelles mais adaptée au récifal domestique, est souvent plus efficace à long terme.
Le bon phytoplancton, au bon moment
Choisir son phytoplancton ne consiste pas à chercher le plus “riche” ou le plus “complet”, mais à :
- comprendre le fonctionnement de son bac,
- adapter les apports à son niveau de maturité,
- privilégier la régularité à l’excès.
👉 Bien utilisé, le phytoplancton devient un outil de stabilité récifale, et non une simple nourriture.